ACE

Vous devez en avoir marre car je réalise pas mal d’articles autour du rap en ce moment.
Il faut savoir que j’ai toujours baigné dans ce milieu, mais avant je m’en battais les cojones de ouf. J’étais jeune, fragile, innocente, je pleurais sur du Evanescence et, je m’étais laissée endoctriner le cerveau par ceux qui l’associaient à une musique de « voyous »
Les choses ont bien changé car maintenant, j’ai l’impression que c’est devenu le truc « IN » à écouter pour être dans le coup. On porte du Fila, du Lacoste, des Nike, des bananes/sacoches à toute berzingue, (qu’on avait en horreur sur les mecs de cité) avec des couleurs désordonnées pour avoir l’air un poil hipster, mais pas trop. Toujours cacher la part de thug qui sommeille en nous. Sinon ce n’est pas drôle.

Du coup, c’est de deux jeunes lillois un peu thug dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui. Le projet s’appelle ACE, composé de Jay et Atys. L’un écrit, l’autre produit l’instru. Un duo qui fonctionne plutôt bien dès la première écoute. Les instrus minimalistes d’Atys s’accordent à merveille avec les paroles et le flow de Jay. Alors oui, on retrouve les codes du rap actuel, que les plus anciens ont du mal à accepter, mais les rappeurs d’aujourd’hui vivent avec leur temps, en employant les outils instrumentaux mis à leur disposition, que cela ne vous déplaise.

La trap est l’accessoire quasiment indispensable de nos jours pour ambiancer les foules. Démocratisée il y a peu (2009), la trap qui nous vient d’Atlanta, colonise nos sons actuels, et j’ai l’impression qu’ Atys  l’utilise à bon escient. Si vous allez faire un tour sur son soundcloud perso, vous ne serez pas déçus. Le monsieur produit des beats puissants qui donnent méchamment envie de s’enjailler le cornet. Un savant mélange de hip-hop, de dubstep et d’électro soigné. Un côté un peu dark mais qui s’harmonise parfaitement avec la voix lourde mais en même temps très suave du jeune Monkey.D du nord alias Jay.

Quant aux textes, si Damso expliquait qu’il « faut parler de drogue, de sexe, de sky, de maille et de pute » pour faire un tube, ce n’est pas le cas ici. Et heureusement d’ailleurs ! (Parce qu’entre nous, il y en a ras le cul de ceux qui s’inventent des vies de macs alors qu’ils ont juste la dégaine de puceaux bâtonniers)

Jay nous parle de sa life, de ce qui l’entoure, sans aucune prétention, ni arrogance. Des paroles simples, efficaces, et dans l’ère du temps. Des lyrics chantés à la Freeze Corleone (Sisi Samir) ou encore à la ISHA, un flow envoutant, des mélodies travaillées, et tout ça sent bon. Certains titres sont déjà très accrocheurs et j’ai hâte de les voir réaliser sur scène prochainement ! Je ne sais pas comment le duo travaille ensemble, mais pour ce premier EP, la mixture s’avère délicieuse.
Bref, j’ai toujours adoré la ville de Lille et tout ce qu’elle pouvait nous proposer culturellement parlant, je ne suis pas assez calée pour savoir ce qu’il s’y passe pour la scène urbaine lilloise, mais je mise tous mes pions sur ACE qui m’a agréablement surprise pour cette première fois auditive.
Je vous invite fortement à les checker, en duo ou individuellement, car pour moi, ça ne mérite pas de passer inaperçu.

 

 

 

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