Flèche Love

16 août 2017

Coucou vous. Ce n’est pas la grande forme aujourd’hui mais je suis là quand même ! J’adore quand on vient me parler d’artistes qui pourraient potentiellement me plaire et c’est encore plus satisfaisant quand ceux-ci acceptent de répondre à mes questions. C’est le cas de ma poto Emma qui est venue me parler de l’artiste « Flèche Love ». J’ai regardé son clip, été écouter son ancien groupe Kadebostany que je ne connaissais pas, et me voilà avec cette interview fraîchement pondue par la gentille Amina. Vous allez tous tomber amoureux…

 

Amina raconte nous un peu qui tu es ​

J’ai 27 ans, je suis d’origine algérienne, j’ai une armure faite d’encre, je suis musicienne et révolutionnaire dans l’âme, j’ai choisi la musique comme médium, je crois en la révolution par les chansons, en la nécessité que les artistes soient des vecteurs de changements.

Tu as décidé de lancer ton projet solo « Flèche Love » après quelques années dans le groupe suisse Kadebostany. Peux-tu nous expliquer ce qui a provoqué cette cession ? As-tu le droit de nous parler du conflit qui vous oppose aujourd’hui ? (cf le post Facebook)

Je suis partie car je me suis littéralement écroulée en août 2015 en plein festival en Ukraine, mon corps m’a dit stop, après 4 ans de pression, de sexisme (jamais assez mince, assez sexy). En plus, on utilisait mon travail en omettant de le présenter comme tel, on me donnait les miettes. On voulait me modeler, me faire taire, m’utiliser jusqu’à l’épuisement. Je suis partie avant qu’il ne soit trop tard.  ..


D’ailleurs pourquoi ce nom ?

Après mon expérience avec mon ancien groupe j’avais besoin de bienveillance et pour être sûre de ne pas l’oublier je l’ai glissé dans mon nom. Bienveillance, amour ça a donné : flèche love.
C’est comme un mantra, je crois au pouvoir des mots, quoi de mieux que de distiller dans ton nom de projet l’amour ?! ​


As-tu décidé de garder des bases de ton ancien groupe (electro, pop, rap) ou as-tu préféré tout revoir et adapter Flèche Love à ta sauce ? 

En fait ce mélange rap pop électro venait de moi, du coup je suis partie avec ce que j’avais apporté 🙂 après pour ce projet je me suis permis d’explorer encore plus ma voix, les sphères aiguës, d’explorer différentes langues, différents styles, c’est plus expérimental que mon ancien projet.
Je ne me suis mise aucunes limites, aucunes contraintes. ​

Je m’attends pour ma part à un EP ou un album regroupant plusieurs styles musicaux, sans être arrêté sur un registre en particulier. Ta playlist faite pour Caramba est assez éclectique et originale, mêlant l’artiste iranienne Sevdaliza tout en passant par A Tribe Called Quest avec une touche de Nina Simone. Comment se déroule tes journées en studio ? Quelles sont tes sources d’inspirations ?

Tu as bien raison de t’attendre à quelque chose d’éclectique :). J’ai besoin de me sentir libre quand je compose, pour l’instant le studio c’est chez moi j’ai un home studio et ça me convient bien, je peux travailler quand je veux. Ce qui m’inspire beaucoup pour cet album c’est la mythologie (japonaise, indienne, grecque…), les faits divers, les livres, les films, dès que je tombe sur une phrase qui résonne en moi, je me jette sur mon cahier ou mon piano et je commence à écrire. Dès que je sens le flux monter je ne lâche rien, c’est pour l’instant ma méthodologie, plus je me nourris (tableaux, lectures…) plus l’inspiration vient toquer à ma porte. C’est donnant donnant, il faut donner à l’inspiration de quoi grandir, s’épanouir. ​

Qu’est-ce qui change dans la gestion d’un projet solo ? On peut voir que tu t’es tourné vers Rone et la collaboration est pour l’instant très efficace ! Avez-vous réussi à rassembler vos deux visions ou l’élève s’est-elle laissée porter par le maitre ?

Tout change, en tout cas pour ma part, dans mon ancien projet on prenait certaines de mes idées mais la majorité du temps on me laissait de côté, là je suis en charge de tout, je collabore certes mais je bosse sur tous les aspects (visuels, musicaux), flèche love c’est mon bébé, ça sort de mes tripes et je fais ce que je veux comme je le veux, tout ça c’est très nouveaux pour moi, je me fais plaisir, je travaille avec les gens que j’admire, j’ai énormément de chance, j’en suis consciente.

Pour Rone, c’est d’abord une rencontre, j’avais vraiment envie de bosser avec lui, j’adore son travail, notamment son morceau avec Alain Damasio.  Une connaissance commune nous a mis en contact, Rone m’a proposé Umusuna, j’ai adoré, j’ai immédiatement commencé à improviser dessus et il a beaucoup aimé, c’était très naturel, ensuite on a rebossé la structure, on a poli le tout, du coup je dirais que c’est vraiment un échange. En plus de ça Rone est une personne superbe et ça c’est fondamental pour moi, je ne veux travailler qu’avec des belles personnes et je ne fais pas de concession sur ce point-là. Ça paraît logique dit comme ça mais ça n’est pas si facile que ça de trouver des gens humbles, humains et doués, Rone fait partie de ce grand cru là.

Pour ma part, la Suisse est mère porteuse de beaucoup d’artistes qui excellent dans le milieu du rap (Di-meh, Slimka, etc…). Je ne connais pas la place des autres genres musicaux dans ce pays. Que peux-tu nous dire là-dessus ? Qu’en est-il pour toi ? Est-ce difficile de s’y faire une place avec un projet comme le tien ?

C’est drôle que tu parles de DI-MEH, je le connais, j’ai même jammé une fois avec lui à Genève, on se croise de temps en temps, je suis super contente pour lui, il n’a jamais rien lâché et aujourd’hui ça porte ses fruits. Il se passe clairement quelque chose dans le milieu du rap en Suisse et c’est tant mieux, il était temps, il était tant que la Suisse pèse un peu dans le monde de la musique.  Il y a toujours eu des très bons groupes en Suisse (Young Gods, Yello..) après ce qui est difficile en Suisse c’est qu’il n’y a pas vraiment de marché de la musique, il y a un petit quelque chose en Suisse allemande, mais il n’y a pas de structures aussi présentes qu’en France, du coup c’est difficile de se professionnaliser, je pense que ça à voir aussi avec la mentalité, il ne faut pas oublier que Genève fut le bastion du Calvinisme en Europe (moitié du 16ème siècle) et ça ça a laissé des traces. La dynamique d’un pays ainsi que sa mentalité découlent directement de l’histoire de celui-ci. ​

Ton clip « Umusuna » est très mystique, avec une chorégraphie et des danseurs qui y pratiquent comme un « rituel » à chaque pas. Raconte-nous comment s’est construit l’histoire de ce clip.

Je m’intéresse au soufisme et à Rumi depuis un moment, du coup je voulais absolument des danseurs soufis, j’en ai parlé à Roberto Greco qui a produit le clip, je lui ai soumis mon storyboard, l’idée de l’ascension, de la danse soufi et ensuite on a bossé autour de ça, on a pas eu beaucoup de temps pour préparer le tout mais derrière nous il y avait une équipe ultra efficace (transfuges) Pias nous a donné le feu vert pour tout, pareil pour musique sauvage mon label, c’est génial de travailler avec de gens qui vous font entièrement confiance, que ce soit les costumes (collaboration avec Hot Voodoo Kabarett), la choré, les bijoux j’ai carte blanche.​

En termes de collaboration, tu as fait appel à la joaillière Baies d’Erelle. Ses bijoux s’accouplent à la perfection avec toute ton esthétique qui est en majeur partie comblée pas tous tes tatouages. Était-ce le résultat voulu ? Qu’as-tu voulu transmettre à travers tout cet « univers » ?

Erelle je la connais depuis un moment et j’adore son travail, je suis allée vers elle et je lui ai proposé de bosser ensemble elle m’a tout de suite dit oui, elle est géniale, je lui soumets des idées (photos,dessins) et on bosse ensemble, des fois elle me montre sur quoi elle bosse dans son atelier et on rebondit c’est vraiment une collaboration et c’est tellement agréable quand c’est fluide comme ça. L’univers d’Erelle et le mien s’accordent à la perfection. Je suis ultra contente du résultat. J’avais envie de me rendre magique, d’offrir une version améliorée de moi-même, une version sans peur.
Je doute beaucoup de moi et j’avais besoin de m’offrir un espace bienveillant, un espace dans lequel je pourrais évoluer créativement. Flèche love est polymorphe et je n’exclus pas de la faire évoluer à l’infini…

Après il n’y a pas qu’Erelle qui collabore avec moi il y a aussi Hot Voodoo Kabarett avec qui je travaille pour les costumes, ce type est tout bonnement un génie et c’est aussi un ami, une personne magnifique qui me comprend et qui a une sensibilité incroyable, j’ai de la chance d’être aussi bien entourée. ​

Quels sont les retours du public face à « Flèche Love » ? Qu’en est-il de la préparation d’un EP ou d’un album ?

Beaucoup de bienveillance et de soutien.

Au début j’avais peur que les gens ne comprennent pas le virage musical, la prise de risque, notamment avec un morceau comme UMUSUNA qui est bien plus électronique que ce que je faisais avant. A mon grand étonnement la majorité de ceux qui me suivait avant continue de me suivre, il y a aussi de nouvelles personnes qui m’ont découverte grâce à Umusuna, on est de plus en plus nombreux, c’est génial 🙂 Le public de flèche love est curieux est ouvert, ce que je propose ne se cantonne pas dans un style, un univers et ça me fait tellement de bien de savoir que quel que soit le style il y a un noyau de gens qui me suit, c’est précieux.

J’ai beaucoup de chance d’avoir un public aussi varié, des gens de tous les âges, de différents pays, je suis honorée de savoir que ma musique touche ces gens. ​

Des dates de concert prévu pour la rentrée ? Une venue en France également ?

Je vais commencer à tourner en 2018, pour l’instant tout est en discussion, j’annoncerais tout ça par le biais de mes réseaux sociaux, bien sûre que je vais venir en France :)​

Que peut-on te souhaiter pour l’année à venir ?

Pleins de dates de concerts 🙂

merci à toi pour ton intérêt pour ce projet, je te souhaite le meilleur avec ton blog <3 ​

Crédit photo : Roberto Greco

 

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply