KITSUNE KENDRA : LA QUEEN DU 9.2

 J’aime bien interviewer des gens qui ont un peu le même genre de caractère que moi. C’est un peu le cas de Kendra, que je suis depuis très longtemps. Même si je n’étais pas fan de tous les looks qu’elle a pu adoptée en tant que bloggueuse mode, j’ai toujours aimé ce qu’elle dégageait et son franc-parler de vénère par moment (ce qui reste plutôt rare dans l’univers girly des blogueuses que l’on a l’habitude suivre). Et quand j’ai vu qu’elle prenait un parcours musical intéressant à mon goût, je me suis d’avantage penchée sur le sujet. Le rap, je kiffe, on ne va plus se le cacher. Mais les rappeuses sont tellement pas assez mises en avant à mon goût, que j’ai eu envie là pour le coup de sauter sur l’occasion. Bien connue pour son collectif parisien de femmes artistes « GIRLS DO IT BETTER« , Kendra se lance en solo dans ce projet musical qui s’avèrera, je l’espère,  à la hauteur de mes espérances. Elle s’est prêtée au jeu de l’interview, sans langue de bois. Et j’ai aimé ça.

 

Personnellement, je te suis depuis ton parcours en tant que blogueuse mode parigote haha. C’est derrière toi tout ça maintenant ? Pourquoi avoir décidé d’en finir avec cet univers ?

Merveilleux!! (Rires) j’ai arrêté mon blog pour deux raisons. La première, c’est que j’avais rempli l’objectif que je mettais fixée en le créant à savoir : devenir rédactrice mode et beauté. C’est 4 ans après l’ouverture de mon blog que j’ai eu mon premier vrai poste en tant que rédactrice chez Lagardère Active. Une fois y avoir gouté je me suis rendue compte que la presse écrite n’était pas faite pour moi. J’adore les médias, j’aime écrire mais le métier de rédactrice mode dans sa globalité ne me correspond pas, j’y trouve plus de points négatifs que positifs. La seconde raison, c’est que je m’y reconnais plus du tout. En vrai j’aurais pu continuer parce que j’avais l’amour de bloguer, c’était et c’est toujours important pour moi de partager mon savoir. Mais j’ai aussi un autre vice, c’est l’argent (rires). A force d’articles sponsorisés, j’en étais arrivée à ne faire que des placements de produits, je ne trouvais plus l’équilibre entre mes goûts et mes envies d’argent, c’est à ce moment là que j’ai décidé d’arrêter de partager de cette manière. Et c’est en 2014 qu’il y a eu un gros bouleversement dans ma vie, ce qui m’a convaincu de changer de domaine.

 

Par la suite, ta sœur Ashley et toi avez appris à mixer. D’où vous est venue l’idée de jouer avec des platines ? Avez-vous eu un bon instructeur ?

On a commencé par avoir l’opportunité d’organiser une soirée, par soucis de budget on avait des trous dans le lineup et, on s’est dit qu’on passerait des sons à ce moment là. Une fois les platines devant nous, on avait qu’une seule envie, c’est de devenir dj. Après la vie c’est pas un film ça s’est pas fait tout de suite. J’avais en même temps une émission de radio que je réalisais moi même (techniquement parlant) avec un contrôleur traktor S2. Je jouais avec les 4 phases, ça m’a permis de prendre mes premiers repères toute seule.

Ensuite j’ai commencé à demander de l’aide au dj que j’invitais dans mon show puis à l’ouverture du Fantôme (Rue de Paradis) l’un des créateurs du lieu, le musicien CLAAP nous a donné l’opportunité de nous entraîner dans le club en journée et il nous donnait des cours aussi quand il en avait le temps.

 

La musique a toujours été présente dans ta vie car il me semble que tu bossais pour un label/maison de disques parisienne non ? Qu’est-ce que cela t’a apporté dans ta vie d’artiste de côtoyer différents acteurs du monde de la musique ?

Oui en vrai ça part plus loin que ça, mise à part le chant, je suis arrivée à Paris pour devenir artiste. A l’époque je travaillais avec Dabaaz et Drixxxé! Malheureusement j’étais trop jeune pour savoir réellement ce que je voulais et surtout ce que je ne voulais pas.

C’est bien plus tard que j’ai eu la chance de bosser chez Universal Music Group sur le projet TMPL. Ça m’a permis de savoir tous les dessous des contrats en label et major et surtout les côtés les plus sombres. J’ai eu surtout l’opportunité de rencontrer des artistes incroyables et talentueux! Certains sont devenus des vrais amis, d’autres de très bons collaborateurs.

 

Fière de ta banlieue, c’est quelque chose qui te semble important de mettre en avant aujourd’hui ? Même si tu n’y vis plus, c’est important de continuer à la représenter ?

Je suis fière de tout ce qui me représente et c’est vrai que la banlieue en fait partie que ce soit Gennevilliers dans le 92 où j’ai toujours été domicilié ou Roubaix où j’ai grandi. Ça a été mon environnement donc ça a forcément forger mon caractère et influencer ma personnalité. J’ai également grandi avec des enfants qui avaient des parents très fortunés.

J’ai eu une période sombre au collège où j’avais un peu honte d’être issue d’une cité, très peu de personnes le savaient. Et puis, arrivée au lycée après quelques mois à Londres, j’ai décidé de faire totalement l’inverse et de mettre en avant tout ce qui pouvait déranger les gens qui m’entouraient ou la société dans sa globalité.

Qui a eu l’idée de créer le collectif « Girls Do It Better » ? Raconte-nous un peu cette folle aventure girly qui cartonne, et qui le compose ?

C’est avec ma sœur qu’on a eu l’idée d’en faire un collectif d’artistes. L’idée c’était clairement de se réunir pour mieux régner (rires). Aujourd’hui avec ma sœur on s’occupe des djsets européens, Bibi Seck nous représente en Belgique et tout le côté scandinave européen et nous soutenons plusieurs artistes comme Yseult et Lean Chihiro pour lesquelles nous sommes djs et backeuses, mais aussi les bbankladys,  jeunes rappeuses françaises.

 

N’a-t-il pas été trop compliqué en tant que femmes de vous faire votre place ? Vous avez l’air d’être assez sûres de vous et vous sortez complètement des sentiers battus des Djs blanches/blondes/hipsters que l‘on a l’habitude de voir

On a l’air sûres de nous parce qu’on l’est. On a beaucoup travaillé pour en arriver là avec GDIB alors oui on est confiante on sait ce qu’on vaut et on a plus rien à prouver surtout (rires). Après la concurrence est toujours rude surtout qu’on a pas mal de clones à Paris mais c’est ce qu’on voulait en créant le collectif. J’ai toujours eu envie qu’on soit un peu comme des références. Que lorsqu’on voit une bande de filles non blanches, hypers lookées et de bonne humeur, qu’on se dise « tiens il y a girls do it better là-bas » donc c’est plutôt une bonne chose. C’est pour cela qu’on hésite pas à faire évoluer nos carrières respectives, ma sœur en tant que photographe et réalisatrice et moi dans le rap et le cinéma.

 

Les références du collectif sont très basées sur des sons hip-hop des années 90’s. Idem pour vos tenues qui sont un clin d’œil à cette période. Vous êtes du genre nostalgique ?

Alors c’est pas du tout le cas sorryyyy (rires) je sais pas pourquoi on nous donne cette image mais ce ne sont pas nos références ni en termes de sons ni en terme d’images, on est plutôt complètement contre le style des années 90 c’est hasbeen pour nous ! En vrai, nos références sont plutôt 60/70’s pour le style en soirée et plus 2000’s en journée. En ce qui concerne la musique, on ne met aucun son qui ne sont pas sortis dans l’année c’est trop important pour nous d’être actuelles dans nos djsets.

 

Revenons à nos moutons. Tu as sorti des sons en featuring avec Aliou, sous le nom de Bobby Colvin. Parle nous de ce duo.

Ahaha bah je sais pas quoi vous dire, c’est le projet le plus sincère que j’ai fait de ma vie! En gros, on s’est rencontrés, c’est devenu automatiquement mon frère  et de là, on fait tout ensemble y compris nos carrières solos. Je l’aide sur toute son image, clip, stylisme, photo. Lui m’aide sur la musique que ce soit techniquement ou moralement. On est aussi complémentaires que je peux l’être avec ma sœur. On a déjà écris notre second projet depuis presque un an mais on se laisse du temps pour remplir nos objectifs personnels d’abord.

Tu es revenue en force avec le titre « Cheffe », avec des paroles toujours aussi crues et aussi vraies. Comme pour l’ensemble de tes textes d’ailleurs. C’est primordial pour toi de dégager cette partie-là de ta personnalité ? (Que j’adore soit dit en passant)

Ahahahahha bah moi j’ai vraiment pas l’impression d’être crue, juste je dis les choses telles qu’elles le sont sans arrondir les angles comme les français aiment si bien le faire. Après je ne pourrais pas faire les choses différemment je parle exactement comme dans mes textes, enfin je suis plus vulgaire en vrai mais c’est moi dans toute sa splendeur!

 

On te voit tout le temps sur instagram être tout le temps à fond, que ce soit dans ta gestuelle ou ta manière de parler, est-ce que t’es comme ça dans la vraie vie ou est-ce que c’est pour coller aux règles du rap game haha ? Faut-il jouer un rôle pour se démarquer des autres ?

Ahahahaha merveilleux comme question ! Pour moi il n’y a aucune règle parce qu’en vrai très peu de rappeuses francophones se livrent autant sur internet que moi. J’ai aucune honte à me montrer le matin au réveil sans perruque avec le filet ou le soir bourrée en club à faire la tchaga parce que c’est moi et que pour moi être sincère c’est la clef dans ce métier. Plus tu es toi, plus les gens s’identifient. Personne n’est parfait et heureusement le fait de savoir ça m’a permis de voir mes chanteurs préférés au delà de leur musique et avoir certains  que j’apprécie juste parce que leur personnalité me plait. Alors pour répondre à ta question non je joue pas un rôle, comme dans la vie je n’ai aucun filtre et je fais quasiment tout à l’instinct.

 

Lean Chihiro, La Go 2 feu, Chilla, ou encore Keny Arkana sont de formidables artistes qui ont réussi à sortir de l’ombre. Mais je constate que beaucoup d’artistes féminines évoluant dans le monde du rap ont du mal à émerger malheureusement. Cela est dû à quoi selon toi ?

Je pense que le public français n’est pas tout à fait prêt à accepter une femme dans le rap en 2018 puisque nous sommes nous mêmes dans une révolution féminine. Après je pense que rien n’est impossible et qu’à force de persévérer les meufs auront leurs places dans le rap comme les américaines ou les anglaises.

 

Tu te définis comme afro-féministe. Peux-tu développer un peu plus ta position à ce sujet.

Je ne vais pas développer parce que ça ne concerne que les femmes noires. C’est simple je suis afro-féministe parce que je suis une femme noire qui se bat pour ses droits comme l’indique la définition mais l’important c’est pas ça, c’est l’intersectionnalité plus global et qui concerne toutes les minorités. Je me sens hyper proche des asiatiques ou de la communauté LGBT+ donc je ne peux pas m’arrêter qu’aux femmes noires.

Pour développer sur l’intersectionnalité, je n’ai qu’une envie c’est d’éduquer les gens comme je l’ai été grâce à des artistes, des youtubeurs ou tout simplement des livres ou articles que j’ai lu ! Très important de comprendre les individus avec lesquels on cohabite, que ce soit des êtres humains ou des êtres vivants.

 

J’aime le fait que malgré tes connaissances masculines dans le milieu du hip-hop (Nekfeu, Yvick, etc…) tu ne cherches pas à faire ta place grâce à leur notoriété. Comment ça se passe une journée de boulot avec toi ? Tu as l’air d’être entourés par une bonne équipe !

Mes journées sont horribles, je me lève pauvre et je me couche encore plus pauvre.

 

Ton EP XXLuv sort le 19 octobre. Hâte de le sortir je présume. Tout est bouclé ? Car j’ai vu que tu recherchais des prods. Quels sujets vas-tu aborder ?

Il est bouclé dans les choix de morceaux mais loin d’être fini !!! Je cherche toujours des prods parce qu’il m’arrive souvent de changer les prods de certains textes pour leur donner une autre énergie. Mon premier projet n’a pas de thème particulier il est juste hyper égocentrique vu qu’il ne parle que de moi et de mes expériences amoureuses et professionnelles. Quand je l’ai écris, c’était une période de ma vie compliquée sentimentalement parlant du coup ça tourne beaucoup autour de ça!

 

Des concerts/showcases de prévus en solo ou avec GDIB ou bien avec Bobby Colvin ?

Non pas pour l’instant on est au début de nos carrières. Je pense que le mieux que je puisse faire dans un premier temps c’est de fournir du contenu de qualité!

 

Un petit mot pour la fin ?

Amour&Selflove


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GIRLSDOITBETTER

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