LYDIE LAPESTE : Douceur contagieuse

Crédit photo : Kop3to

 

 

 

 

 

What’s up les dudes ?
Les interviews écrites vont se faire de plus en plus rares car maintenant que j’ai le matos, je vais pouvoir commencer à faire des interviews filmées à toute berzingue (Enfin…Quand je saurais manier les logiciel de montage comme il se doit hein…). D’ailleurs certains m’ont demandé si j’acceptais de me déplacer pour réaliser mes futures vidéos. Alors la réponse est OUI. Après, tout dépendra de mes finances car si je dois prendre le train, me trouver un logement et compagnie, ça risque de me revenir cher l’interview ! Mais on en reparlera plus tard…

Bref, aujourd’hui on revient avec Lydie, que j’ai découvert en me « perdant » à moitié sur instagram. Je ne me perds pas vraiment, juste je flâne pendant des plombes à la recherche de personnes à la cool, et elle m’a semblé totalement adéquate pour répondre à des questions. Elle est belle, elle est talentueuse, c’est un couteau-suisse parisien (Oui ça vient de Paris mais des fois baaaaaah j’aime bien mettre un peu de lumière sur les parigots), et c’est une danseuse de qualité. Alors j’approuve.

 

Comment vas-tu Lydie ?

All Good in HOLLYWOOD made in Mairie de Clichy !!

Tu danses, tu chantes, tu joues la comédie…Tu as commencé à pratiquer tout ça à quel âge ?               

Allez! J’ose dire depuis toute petite j’assume, mais seuls mes proches pourront valider ; entre l’oncle qui me collait un billet sur le front quand je dansais le Ndombolo, la grand-mère qui m’appelait « Orchestre » parce que je lui cassais les oreilles et au collège, mes potes que je défendais au conseil de classe, je peaufinais ma rhétorique en étant déléguée… Les cours et les stages pris plus tard vont consolider cette formation de base (krkrkkrrkkr… c’est le son de mon rire gras)

J’ai pu lire que tu avais refusé un contrat chez Dior pour te consacrer principalement (à ce moment-là du moins) à la danse. Es-tu fière d’avoir fait ce choix encore aujourd’hui ?

MAIS TELLEMENT!!!!!!!! En fait j’étais Stagiaire chez Dior à l’époque, ça se passait super bien, t’imagines une nana du 93 qui pour valider sa licence pro fait son stage chez Dior dans la joaillerie, j’étais beaucoup trop heureuse, mais la danse à cette époque faisait bien partie de ma vie aussi! (J’avais continué mes études après le BAC pour faire plaisir à ma mère…) à la fin de mon stage (qui avait été prolongé) on me propose un CDD et, à la même période, un contrat ridicule dans la danse ; payé une misère, pour aller faire un show en Pologne, j’ai pas hésité une seule seconde, j’ai choisi la danse. J’avais vu ça comme un signe… Je pense que la prise de risques dans nos métiers est indispensable, enfin partout en fait ! Te challenger, te surpasser, te surprendre… Mes parents n’étaient clairement pas d’accord, mais j’avais un but précis dans ma tête… Des fois j’oublie, dans mes périodes de doutes et d’instabilité, je remets tout en question! C’est bien du coup de se rappeler ; prendre conscience des risques, des échecs et ne pas minimiser les réussites ! Je suis super fière de mes choix et de mon parcours!

J’ai découvert ton clip via l’artiste Vicelow qui l’avait repartagé dans sa story et via la danseuse Stencia alias @perebisou. J’ai adoré et ça m’a fait rire parce que je ne m’attendais pas du tout à ce que tu aies cette petite voix toute douce à la Emilie Simon. On t’a déjà fait la remarque ? haha

Bien sûr!!! c’est mon fonds de commerce AHAHAHHAH! Non plus sérieusement, je pense qu’au fil des années, ma voix se met de plus en plus en place, si je te faisais écouter mes 1ers enregistrements ma voix était encore plus aigüe ! On me dit : « mais quand on te voit, on se dit que tu es une chanteuse Soul avec du coffre?! » J’ai envie de leur répondre «laissez mon coffre et tendez plutôt l’oreille sur mes histoires…» mais généralement c’est ce qu’ils font, donc je me retiens. Je ne suis pas une chanteuse à voix, je dirais plus à textes.

(Ps: BigUp à Vicelow on se suit, on se boost, on s’apprécie on anime le Fusion Concept ensemble, on se sait! & Stencia c’est la Petite Reus*)

Crédit photo : Sasha Box

Tes mélodies, ta musique, est très fluette, sensible, fragile. Es-tu réellement comme ça dans la vie de tous les jours ou monter sur scène adoucit le côté « peste » de ton personnage ?

J’ai envie de dire les 2 ; Dans la vie Je suis très exubérante, extravertie, un look affirmé du coup c’est vrai que quand on écoute JACKADIT ou AKELANGE, l’image ne colle pas forcément avec le son  et pourtant… je pense qu’on a tous une part d’ombre et mes chansons la font ressortir. À la maison, je n’ai pas de spectateurs donc je me fais plus discrète quoi que… En fait j’aime être au-devant de la scène donc quand tu me laisses le micro, c’est cuit !! Après la balance se fait entre le côté dark de certains morceaux et la légèreté que j’y apporte entre. On passe du rire aux larmes à mes concerts et c’est ce que je suis, au final ; entière, humaine et sensible. J’ai envie que les gens repartent avec un bout de moi à la maison je sais pas si tu vois ce que je veux dire?! Un jour à la fin d’un de mes concerts, une nana est venue et m’a dit « j’ai l’impression qu’on pourrait être potes tellement tu étais vraie sur scène » et je lui ai dit MERCI! Ça me touche parce que je ne mens pas, je donne tout et si tu m’as kiffé sur scène, tu me kifferas dans la vie… donc si je ne te plais pas sur scène, well…

Comment se passe une journée de travail avec toi ? Comment t’y prends-tu pour écrire, composer ta musique ? L’entourage pro dont tu t’entoures t’aides énormément ?

Je n’ai pas vraiment de journée type, puisque mon travail n’est jamais le même, un jour je fais un concert, un jour j’anime un Battle, l’autre je pose pour une marque de chaussures… Mais en ce moment j’essaie d’écrire quasi tous les jours sur tout et rien, mes aventures du quotidien, de femme, d’artiste… je suis aussi à la recherche de beatmakers, je me sens plus inspirée en étant entourée. Mes rencontres avec les musiciens font la couleur de mes chansons, faire en sorte que le projet LaPeste soit harmonieux même si je me considère un peu caméléon, j’aime quasi tous les styles de musiques, donc je n’ai pas envie de me cantonner à un seul style… Je peux partir d’une instru, ou d’un fait marquant dans ma vie, une pote a eu un cancer j’ai écrit LE C DE CYNTHIA où je compare son cancer à une histoire d’amour que l’on subit… Ma sœur est maman d’une petite Toni, que je croque tous les jours, ma cousine a fait une rupture d’anévrisme elle s’en est remise au final c’est lié ; je pourrais faire un track sur la fragilité de l’instant entre la beauté d’une naissance et la peur de perdre un membre de ma famille, le cycle de la vie en fait…

Dirais-tu que ta musique peut rentrer dans la case de l’Afropunk ? Quelles sont tes influences musicales majeures ?

Il y a 2 ans, on m’avait posé la même question, en me considérant moi-même comme étant AFROPUNK, c’est un mot/une mouvance/ un concept très tendance et complètement dans l’ère du temps… si vous voulez m’insérer dans cette case… alors OK! On aime caser les choses ici LOL!

Mes influences j’en ai énormément : Björk/Laurynn Hill/Mariah Carey/India Arie/Fela/Coldplay/Koffi Olomidé/Prince c’est très variable

Est-ce primordial pour toi d’intégrer la danse dans chacun de tes clips ? Parle-nous un peu de ta compagnie de danse.

Primordial je ne sais pas, mais c’est là d’où je viens donc ça me paraissait évident, quand j’avais besoin d’Anges pour AKELANGE ou de Fleurs pour JACKADIT, que je fasse appel à mes gars et gos sûrs de la danse. Ce n’est pas Ma Compagnie, mais je fais partie d’un Crew qui s’appelle SWAGGERS et on vit plus comme une tribu que comme une compagnie de danse. Pour avoir fait partie de plusieurs autres compagnies, les rapports entre danseurs n’étaient pas les mêmes, avec SWAGGERS on était amies avant de bosser ensemble. Bien évidement on travaille, mais les moments passés en dehors sont plus intenses, plus vrais. Quand on part en tournée, pour nous c’est la colonie de vacances mais rémunérée !! J’aime ces nanas comme mes sœurs, on se dit tout, et on partage la même passion pour la danse donc y a un lien encore plus fort et alors après tu rajoutes les naissances, les mariages…

Crédit photo : Kop3to

Quand on est une femme multitâche comme toi et qui plus est noire, est-il difficile de se faire une place dans le monde artistique d’après toi en 2019 et/ou vois-tu ça comme une force ?

Je vois clairement ça comme une force! Je ne me définis pas comme une couleur, mais plus comme une Artiste Couteau-suisse Parisienne, après on est en France, les gens sont perdus quand le label n’est pas bien visible?! « Attends tu chantes, tu danses, tu es comédienne… je suis perdu ! » Peut être que ma carrière serait plus facile aux USA ou plus complexe vu qu’ils sont tous chanteurs, claquettistes, dompteurs de lions et dramaturges dès 6 ans?! J’ai envie de pouvoir continuer à faire ce que j’aime là ou je me sens le mieux, donc chez moi, à Paris?! Après je ne suis pas utopiste et je sais très bien le monde dans lequel j’évolue (smiley qui fait un clin d’œil) travailler 4 fois plus, ça on me l’a toujours inculqué ne serait-ce qu’en grandissant en cité, avec NÉ SOUS LA MÊME ÉTOILE en bande originale lol!! La distribution des cartes n’est pas juste mais tu fais, tu grandis, tu comprends des choses, tu continues d’avancer… Se battre fait partie du quotidien au final! Encore aujourd’hui le combat continue et faire évoluer les mentalités toujours!

On voit l’arrivée de femmes comme Ina Modja, Imany, Tshegue, Yseult, Shay, Aya Nakamura, mais il est assez difficile d’en trouver beaucoup plus. Penses-tu qu’il y a encore un problème en France à accepter la place des femmes noires dans la musique à l’instar de ce qui se passe aux States ? 

La France a un problème avec les minorités de base, impossible de faire de comparaison avec les USA… donc en musique, comme au ciné, comme à la Tv, les minorités sont sous représentées. Donc étant Banlieursarde+Artiste+Noir+Femme ça fait beaucoup de filtres et malheureusement pas beaucoup de monde à l’arrivée, mais comme elles sont là, on y croit !

J’ai lu récemment l’article de Télérama sur l’enquête du sexisme dans la musique. Est-ce quelque chose auquel tu as dû faire face ?

Je n’ai jamais eu à faire face au Sexisme dans la musique, pour la simple et bonne raison que je suis encore beaucoup dans mon réseau danse, plus confort et j’y ai mes habitudes, je m’y sens bien , je découvre au fur et à mesure la musique donc, on en reparle plus tard…

Des projets et des showcases/concerts de prévus ? Un album en préparation par exemple ?

Alors je serais en Showcase, le 6 juin à l’ALCAZAR à Paris et concert à Paris, le 26 juin et à Bourges le 6 juillet. Mon EP est en préparation, date de sortie prévue…soon*

 

 

Le mot de la fin ?

Keep it Cool, Keep it Real, Keep it Funky… to you and to the others… ALWAYS!

Crédit photo : Nadia Tarra

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LYDIE LAPESTE

 

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