Mama Magma

Rouen regorge de gens chelous. Mais il y en a aussi qui n’ont pas un melon démesuré pour un rien et qui font des choses très chouettes, autre que de la musique. C’est le cas de la belle Mégan. Je suis tombée amoureuse de son look (même si elle me faisait peur au début haha) et la demoiselle a ouvert une friperie en ligne afin que l’on puisse dénicher des petites perlouzes à petit prix.
Elle nous en dit un peu plus sur le sujet…

1) Qui es-tu Mama Magma ?

Meg, j’ai 25 ans et j’ai décidé d’ouvrir une friperie en ligne l’été dernier.
J’aime la mode, les fringues, la création et l’art sous toutes ses formes.  Je suis passionnée de roller derby, de musique, de voyage. Mes inspirations : la nature, les films, les différentes cultures, la récup.

2) Ton parcours scolaire a t-il un rapport avec ton activité d’aujourd’hui ? Notamment en tant que graphiste peut-être ? J’ai eu échos que toute l’identité visuelle de Mama Magma avait été créé par toi.

Complètement. J’ai passé un an et demi à Bruxelles (j’y bossais comme serveuse et barmaid dans un resto italien et faisais les cours du soir à l’école St Luc en design textile entre 2008 et 2010. En revenant en France, j’ai fais les Beaux- Arts de Rouen mais j’ai arrêté avant la licence parce que j’avais un peu l’impression d’y perdre mon temps (en tout cas professionnellement parlant. C’était un peu trop abstrait pour moi). J’y ai par contre rencontré de super personnes.  Ensuite j’ai décidé de faire un BTS communication à l’ISCOM de Rouen. C’est là que j’ai appris à bidouiller Photoshop, Illustrator, InDesgin…etc.
Ces formations ont en commun, la créativité, une dimension artistique, esthétique et sociétale, qui je pense m’inspirent pour ma friperie.

3) Tu as un look très travaillé. D’où vient ton amour des fringues ? A quelle époque définirais-tu ton style ?

Mon amour pour les fringues, je pense que c’est d’abord de famille. Notamment avec ma mère et ma grand mère qui ont toujours eu un look très soigné. Ensuite, j’aime les fringues pour ce qu’elles expriment. Ca peut paraître très superficiel, mais je trouve ça important de pouvoir exprimer sa personnalité par différents biais et le look en fait partie.  Ca aide à se sentir bien dans ses pompes et tu peux changer de personnage en changeant de tenue selon ton humeur, je trouve ça super amusant.

Je ne situerais pas mon -ou plutôt mes looks- dans une époque en particulier. Je m’inspire de plein d’époques. Ca va des années 20 à 90 mais aussi de différentes cultures (celle qui m’inspire le plus en ce moment, c’est la culture tzigane) et aussi de personnages de film.
Je voue un culte à tout ce qui est kitsch, décalé, voire moche. (Tu vois Fran Fine ? J )
Et ce que j’adore par dessus tout, ce sont les accessoires (foulards, bijoux, chapeaux, chaussures, sacs).

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4) Comment t’es venue l’idée d’ouvrir une friperie en ligne ?

Quand je vais dans une ville, je fais toujours la tournée des fripes, magasins vintage ou boutique de seconde main. J’adore fouiller dans les emmaüs, les ressourceries, les brocantes pour y dénicher des perles pour pas cher. L’année dernière, je suis allée dans une friperie à Nantes « Coleslaw » et c’est ce que j’appelle une vraie friperie. La nana a une petite boutique remplie de pièces aussi belles les unes que les autres et pour des prix dérisoires.
C’est un dépôt-vente, donc elle récupère les fringues qu’on lui dépose, ensuite elle les trie et retape les pièces qui en ont besoin. Tu peux d’ailleurs la regarder faire, elle fait ça dans sa boutique. Bref, j’ai eu un vrai coup de foudre pour le concept et je me suis dit « en fait c’est possible de vendre de super pièces (uniques en plus) pour pas cher. Et en pus c’est écolo ».

J’ai donc décidé de me lancer, mais en ligne, pour plusieurs raisons :
En ligne, y’a pas de frontière, tu peux toucher un public plus vaste et j’avais déjà décidé de partir vivre à l’étranger donc cette solution là s’imposait à moi.
En plus c’est super simple à lancer et ça coûte moins cher qu’une boutique physique.
De plus en plus de gens font leur shopping en ligne, alors pourquoi pas pour la fripe ?

Par contre, je trouve quand même important de faire occasionnellement des apéro-fripes dans des lieux publiques pour que les clients aient la possibilité d’essayer, de fouiller et d’échanger autour d’un verre. C’est quand même plus convivial !

5) Travailles-tu avec un grossiste ou préfères-tu dénicher tes pièces dans des vides greniers ou autre ?

Au début je me suis renseignée chez les grossistes (il y’en a d’ailleurs 2 très importants dans l’agglo de Rouen). Ils ne vendent quasiment que au kilo et tu ne peux pas choisir ta marchandise de manière précise. Tu vas pouvoir demander «  des jupes 70’s »en sac de 25 kilos sans en voir la couleur avant de les avoir acheté et déballé. Le problème c’est que tu sais pas trop d’où ça sort, si c’est vraiment de la récup ou de la « fin de série » transformée à la sauce vintage.
En plus ça coûte un bras, donc tu revends ça super cher. Là, tu comprends où vont se fournir les « fripes » du coin.
Ca m’intéressait pas, je voulais pouvoir choisir mes pièces une par une.  Du coup j’ai chiné à fond partout et ça prend beaucoup de temps mais au final c’est 100 fois mieux. Enfin je pense…
J’ai aussi eu pas mal de dons (merci les copains, entre autres). Et ensuite je trie. Je garde ce qui me plait et je redonne à des asso solidaires ce qui ne m’intéresse pas.
Comme ça j’ai toutes les tailles, tous les styles, homme, femme…Etc.

6) Tu viens récemment de déménager à Brighton et dieu sait que l’Angleterre regorge de friperies à chaque coin de rue. Comment vas-tu te démarquer face aux autres ?

Oui, effectivement Brighton c’est un peu le PARADIS DE LA FRIPE même si pour certaines boutiques on a le même problème qu’en France, à savoir des pièces semblables un peu partout et super chères !

J’ai une petite préférence pour les pièces que tu peux trouver dans les «charity shop». Y’en a à tous les coins de rues à Brighton. Les boutiques sont moins belles, c’est moins hype et c’est pas en plein North Laine mais c’est moins cher et tu croisera personne avec la même pièce que toi sur le dos. En plus tu fais ta BA par la même occasion alors c’est cool !
Pour me démarquer, je pense faire pareil qu’en France, chiner mes pièces une par une.

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8) Comment comptes-tu te positionner face à des sites comme Vinted où d’autres vendeuses proposent le même genre de produits ?

Les sites comme Vinted c’est cool mais ça ne correspond pas trop à l’idée que je me fais de la fripe. C’est beaucoup de marques comme H&M, Zara, Mango. Des marques que je m’efforce de ne pas vendre. Quand je le fais, c’est dans une grande malle où tout est à 2€, à moins que ce ne soit une pièce qui vaille le coup mais je ne les propose en tout cas jamais sur mon site. Ce sont des produits de qualité médiocre neufs, alors d’occasion…
Je fais pas le boycott de ces marques. Comme tout le monde, je vais acheter mes basiques chez H&M parce que ce n’est pas cher et que ça tient le temps d’une saison. Mais pour le reste si tu prends l’initiative de faire ton shopping en fripe, je pense que ce n’est pas dans l’espoir d’y trouver du H&M ou du Zara. J’essaye donc de faire en sorte de proposer autre chose à mes clients.
Ce que j’aime le plus dans la fripe, c’est que les vêtements aient une âme.
Un vêtement qui a dormi 20 ans dans un placard aura toujours plus de gueule qu’un vêtement acheté chez H&M la saison dernière.

9) Comment penses-tu faire évoluer ta boutique à l’avenir ? Penses-tu ouvrir une boutique ou préfères-tu multiplier des évènements « pluridisciplinaires » et y exposer ton stand ?

Le fait d’avoir déménagé, me pousse à faire évoluer Mama Magma dans sa forme globale. Je travaille dessus en ce moment. Ce sera plus concret une fois bien installée. Sinon, toujours pas de boutique physique. J’ai pour projet de continuer à faire des événements ponctuels et de tenir des stands dans d’autres événements. On m’a proposé d’avoir un stand dans un festival de musique cet Eté par exemple.

10) Quels retours a t-eu jusqu’à présent sur ton travail ?

Pour l’instant, j’ai des retours positifs, des clientes qui sont présentes à chaque événement.
Si les gens reviennent, c’est que ça doit leur plaire J. Les web clientes sont elles aussi satisfaites de leurs commandes.

11) Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

J’espère arriver à développer Mama Magma Outre Manche. J’aimerais lui donner une forme plus ludique, interactive et travailler avec des artisans ou créateurs. Le tout, toujours dans une optique de récup, recyclage et seconde main.
Aussi donner un aspect plus axé autour des tendances actuelles. M’en inspirer en tout cas. Faire des lookbook, street styles, ce genre de choses.

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Retrouvez Mama Magma sur Facebook et sur son site !

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1 Comment

  1. Marjorie VINCENT 7 octobre 2018 at 14 h 28 min

    Sympa, l’interview 🙂

    Reply

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