NORD

3 avril 2017

Je reviens aujourd’hui avec l’interview d’un monsieur que je croise souvent dans mon ter-ter normand et qui fait de la musique que j’entends également très souvent à mon lieu de travail. Il est sympathique Xavier. Et puis tous les collègues l’aiment bien. Alors j’ai voulu en savoir plus sur le phénomène NORD qui rôde quelques fois dans les couloirs du 106…

 

1) NORD qui es-tu ?

Un être de chair et d’os sensibles qui fait des chansons en français, pas toujours joyeuses, depuis quelques années déjà. Cela fait 3 ans que NORD a vu le jour, j’ai sorti deux EP entre 2015 et 2016. Je viens de sortir un single « elle voudrait » qui semble être plus joyeux, mais si on y regarde bien, on peut se poser des questions. Je prépare un album pour la rentrée 2017.

2) Pourquoi as-tu choisi de te diriger vers ce style de registre musical ? Pourquoi ne pas plutôt taper sur une batterie par exemple ?

C’est venu tout seul, je ne me suis pas posé de question de genre. J’ai fait avec ce que j’étais, avec mes influences « pop » et mes références « chanson française ». Même si j’aurais aimé être joueur de foot et évoluer à Manchester United ou au pire à Bordeaux. Comme je n’aimais pas trop recevoir des coups, j’ai préféré faire de la guitare et des compos, en groupe d’abord puis en solo. Je ne fais pas de batterie parce qu’il faut taper sur des fûts. J’ai un problème avec ça.

3) On a tous compris que tu venais de Normandie, est-ce que cette région t’inspire pour tes textes ?

Non en fait, je viens de la baie d’Acapulco. J’ai menti à tout le monde afin d’être accepté par les normands, qui comme chacun le sait, est le public le plus difficile mais le plus sincère dans le monde entier. Au niveau inspiration; oui la région doit aider. La plupart des chansons ont été écrite à Rouen, quand le soleil n’était pas toujours au rendez vous. Néanmoins, celui-ci est bel et bien dans notre cœur, pas vrai ?

4) Tes textes sont très mélancoliques, très doux. Ce qui est propre à la chanson française. Mais ne trouves-tu pas que cela est très rébarbatif ? N’as-tu pas peur de te perdre parmi tous ces chanteurs à textes ?

tout est rébarbatif tu sais; fumer une clope, manger un kebab, regarder W9, etc… C’est un autre souci. Pour mes textes je ne dirai pas « très doux », certains de mes textes sont comme quand tu caresses un chat mais que tu t’aperçois que celui-ci s’était traîné sous toutes les voitures du quartier. J’aurais bien aimé être un de ces chanteurs à textes bien intégrés mais je ne me sens pas capable. J’ai la marque du démon à l’intérieur de moi qui peut resurgir à n’importe quel moment. J’ai plus peur de me perdre dans la vallée de la mort que dans le royaume de Michel Drucker (ce qui revient au même au final).

5) Qu’est-ce qui te démarque des autres selon-toi ?

Mon jeu de jambe et mon sens du but. On m’a toujours dit que je pourrais faire la différence avec ça. Pourtant avec l’âge j’ai pris du poids et mes réflexes ne sont plus aussi fluides… Maintenant je compte beaucoup sur la nostalgie et sur le fait que le gens de mon âge ressente un peu la même chose que moi.

6) La touche électro apporte-t-elle un plus ? Crois-tu qu’il soit nécessaire de nos jours d’ajouter cette touche là pour sensibiliser le public ?

Pour ma part, ça apporte encore d’autres possibilités de création, ça permet de mélanger encore plus de matières, de jouer avec les influences, expérimenter encore et encore.

Est ce nécessaire ? Oui et non.

Je crois que c’est Manu Chao qui disait que l’électro, le kick serait le nouveau rock. On était alors en 1991.

7) Envisages-tu de collaborer avec d’autres artistes du même genre type Barcella, Dominique A,…. En parlant de collaboration, comment se passe le tournage de tes clips ?

Je ne pensais pas à eux en particulier, même si ça me ferait plaisir, surtout Dominique A (même si j’ai un peur de lui).  Je vais faire des chansons avec des textes de Bertrand Betsch, j’aime beaucoup ce qu’il fait. Il m’en a envoyé une vingtaine que je suis en train de mettre en musique. Mais ça reste confidentiel pour le moment, voir secret. #quefaireaveccescoop

J’envisage bien une chanson en duo bientôt. Pourtant l’idée me fait peur. Souvent, les duos je trouve ça un peu chiants; les artistes se font plaisir, ou bien l’association permet de faire des vues sur YT, mais artistiquement c’est foireux. 

Pour mes clips, je travaille avec La Sucrerie qui est un collectif de cinéastes réal. parisiens. Ils m’ont été présenté par mon éditeur. On s’entend plutôt bien. Ils apportent beaucoup d’idées et savent bien les mettre en images. J’aime bien bosser avec eux. J’ai aussi travaillé avec Alexis Delahaye, qui est un ami havrais de longue date, et qui fait lui aussi de belles images.

8) Que penses-tu de la nouvelle génération qui arrive ? (Je pense notamment aux chanteuse Fishbach, Clara Luciani, …)

Bien! Perso j’aime beaucoup Blondino et avec Fishbach on s’est rendu compte qu’on avait grandi dans le même village. #confidenceinutile

9) Je t’ai rencontré au festival RUSH de l’an dernier, qu’est-ce que tu en gardes comme souvenir ? As-tu jeté un œil à la programmation de cette année ?

J’en garde un souvenir impérissable. On était sur la scène au bout de la presqu’île. On avait fini nos balances, le ciel était menaçant mais on riait bien. Nous sommes allés dans les loges et là, Bertrand Belin est arrivé. Il s’est mis à pleuvoir comme jamais, un orage fantastique, des trombes d’eaux, de l’eau de là haut, partout, sur la scène, dans les loges, l’enfer. On a été contraint d’annuler pour rester en vie. De toute façon ça aurait été agréable pour personne. Néanmoins les concert ont repris plus tard. Celui de Katerine était assez magique.

Cette année, je serai tenté par Bachar Mar-Khalifé, William Z.Villain et aussi Fawzy Al Aeidy.
10) Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Peut être une sélection pour l’eurovision sur la lune. Un concours un peu ouvert à l’ensemble du système solaire, à l’univers en somme. Histoire de voir si ça tient la route.

J’aimerais bien que mon album, qui sortira en septembre, soit bien accueilli par le public, qu’on le consomme de façon irraisonnée. Ensuite j’aimerais bien faire plein de concerts, des festivals l’an prochain et de pouvoir refaire d’autres albums ensuite (au moins 3). En résumé, pouvoir vivre de ce que je fais quoi; je te l’accorde, ce n’est pas super original.  

 

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