RAFU : L’Electro tentaculaire made in Normandie

Hola les boloss. Comment ça va ? Deux mois que je n’étais pas revenue ici pour poster des conneries. Je me suis accordée un mois d’emménagement à la bieng et un mois à enchaîner deux boulots en même temps. Du coup, plus trop le temps de bosser sur le blog. Je n’ai toujours pas zappé mon idée de chaîne Youtube mais pareil pour ça, il faut du temps et de l’argent. Et le temps c’est gratuit donc ça me va. Pas le matos haha. (Je vais peut-être monter une cagnotte pour ça mais bon… à voir !)
Bref, du coup aujourd’hui je reviens avec 4 petits normands plutôt beaux gosses et doués. (De toute manière, je n’interviewe que des bébous sinon je m’en bats les ovaires haha je dec). Cela faisait un moment que j’avais remarqué Martin et sa bande, que j’avais écouté leurs sons sur les réseaux, et que je kiffais en secret. J’ai préparé ma salade de questions et il m’ont pondu un audio de qualité que je vous ai retranscris juste en dessous.




Comment ça va par chez vous ?

ça va ça va, un peu pluvieux par chez nous mais ça va !

L’histoire dit qu’à la base vous étiez plutôt tournés vers le rock. Pourquoi ce changement de bord ?
On aime toujours le rock mais c’est peut-être plus pratique en termes d’enregistrement. On n’avait plus de micros, d’instruments qui trainaient partout. Tout est regroupé dans un ordinateur, c’est plus simple et ça prend moins de place ! Et finalement, c’est comme ça que tu te mets à faire de la musique électronique.

On entend pas mal de sons en distorsion. Essayez-vous par moments d’apporter un aspect rock à votre musique ?
C’est juste qu’au début le mixage n’est pas bon alors du coup ça distord un peu ! (rires) On aime bien le sale du coup, quand ça distord un peu ça nous parle pas mal quoi !

Vous venez tous je crois d’un petit patelin de Normandie, mais à part vous Martin et Baptiste qui êtes frères, quand est-ce que les autres ont rejoint le navire ? Racontez-nous votre rencontre.
On prenait tous des cours dans une MJC, on s’est rencontrés comme ça. Du coup on s’est mis rapidement à faire de la musique ensemble, et on s’est très vite penchés sur la musique électronique. Mais ce qui a été le plus gros facteur, c’est que l’on a organisé il y a 3 ans de cela une soirée et c’est à partir de cette soirée qu’on s’est restreint à faire du son tous les 4. Au début, il y avait une chanteuse mais elle est partie sur Caen, donc ça s’est avéré difficile de faire de la musique à distance. Mais on t’embrasse fort Nell !

Loïc, toi qui es prof de MAO, cela a été plus simple pour toi de prendre les rennes du projet ou vous aviez déjà tous plus ou moins les mains dans le délire électro ?
On avait Pierrick dans la MJC où on prenait des cours de guitare, et après ces cours là il nous emmenait dans son petit studio et on prenait des petits cours de MAO. Il nous montrait comment on pouvait apprendre à s’enregistrer et après on bossait chez nous sur nos ordis avec plein de plugins qu’il nous avait installés. Après tu charbonnes dans ta chambre, avec ton casque sur les oreilles.
Elric a été un peu le premier à nous montrer ses prods car c’est lui qui bossait le plus cet outil avant que l’on se lance tous les 4. On se montrait le week-end ce que l’on faisait la semaine et c’est un peu comme ça que le groupe s’est lancé.



De quoi avez-vous besoin pour créer vos beats, vos mélodies ? Parlez-nous un peu matos.
En vrai, on a commencé avec pas grand-chose, juste avec les ordis et des claviers maitres. Puis après on a évolué, dès qu’on a eu un peu d’argent on a investi dans du matos : boîtes à rythmes, synthé, controller. Mais en gros, le set-up qu’on a en live, c’est une boite à rythme électron qu’on a surnommé « la boite à sale », un synthétiseur de drum, avec une boite à rythme d’une émulation de TR-8 de Roland, un synthé basse le Moog Minitaur, un clavier Roli Seaboard avec un touché en 5 dimensions, tu peux faire des effets de fou avec, c’est un peu le futur. On fait du son aussi avec tout ce qui s’enregistre comme par exemple une casserole avec du cellophane dessus ou encore des verres cassés. On essaye de créer notre son ! On a encore 2-3 conneries, genre un petit Korg, qui trainent pour faire du son mais on est quand même assez complet ! Sans oublier Ableton.

À l’image de Birdy Nam Nam, C2C, ou bien encore Kraftwerk, comment ça se passe l’electro à plusieurs ? Qui décide de quoi ? Est-ce que chacun à un rôle bien défini ?
Quand on est tous les 4 et qu’on compose, ce n’est pas pareil. Personne n’a réellement de rôle bien défini. Dès qu’il y a un truc qui passe bien à l’oreille de tous, on l’enregistre et on brode autour de ça. Après, c’est plus au niveau de la formation live que nous avons chacun notre rôle à jouer : Elric est aux drums et à la boîte à rythmes, Baptiste au synthé basse, Loïc au synthé pour tout ce qui est accords et mélodies, les voix un peu aussi, et Martin qui est aux pads avec des effets et qui rajoute des textures grâce au fameux Roli.
 

Partez-vous parfois de prises de sons réels, de samples d’instruments, ou tout est fait de manière électronique ?
Ouais comme on le disait juste avant, ça nous arrive de prendre une casserole et du cellophane tendu dessus pour faire un kick, Baptiste utilise la guitare et la basse également, il y a des voix donc ouais on utilise pas mal de choses. On a même utilisé du lubrifiant un jour pour faire de la texture (rires) donc voilà on allie plein de trucs ! Il y a trop de trucs qui sonnent bien partout !



D’où vient ce blase d’ailleurs RAFU ? Et « Octopussy » vient du fait que vous vous serviez de toutes vos mains ?
On était tous les 4 un soir en train de picoler et on cherchait un nom pour notre groupe, et c’est sorti un peu tout seul dans le fait qu’on allait foutre le rafu et du coup c’est resté. C’est assez visuel et les gens retiennent bien ! Et pour Octopussy, ça vient d’un mec qui avait fait un bout d’article pour nous présenter et il avait écrit qu’on était une véritable pieuvre musicale. Du coup, quand on a travaillé avec Louise Julien pour faire notre logo, on lui a dit de nous faire une pieuvre et suite à cela, on a sorti notre premier EP en mai 2017 qu’on a appelé comme ça parce que ça nous allait bien. On ne connaissait pas James Bond du tout mais on a trouvé ça rigolo !


Les influences majeures du groupe sont Alt-J, la belle FKA Twigs ou encore Gold Panda. Mais individuellement, ça donne quoi ?
Les références sont assez vieilles mais ce sont toujours des groupes que l’on écoute un peu. On est ouvert sur tout. Beaucoup de rap, de trap ou encore de cloud rap par exemple. Avec toujours un amour pour la techno avec les berlinois de FJAAK pour ne citer qu’eux. L’album « IDM » d’Aphex Twin fait partie de nos coups de cœur du moment. Sinon, Martin et Baptiste ont aussi des références plus jazzy car ils sont en jazz au conservatoire.  Sinon KINK fait partie aussi de nos préférences du moment. Mais globalement, nous écoutons vraiment de tout tout tout !



Que pensez-vous de la diffusion de la musique électronique dans la région ? Le métal ou le stoner y sont pas mal présents. L’association Lucien ou encore Infinity Inc (Les befores électroniques) vous aident à vous placer musicalement parlant ?
On a tout récemment été en contact avec Lucien, ils sont chauds à nous faire jouer, on a hâte ! Infinity, on a bossé et fait quelques dates avec eux, c’était cool. C’est ce qui nous a permis de nous ouvrir un peu à Rouen si on peut dire. On a été sélectionnés l’an dernier en musique électronique pour les Inouïs du Printemps de Bourges, pour la région Normandie, ça nous a offert un peu de visibilité, mais là on parle avec une page qui s’appelle Normandie Electro qui propose d’offrir ça également pour la musique électro en Normandie. Donc on est en train de voir avec eux ce qui pourrait se mettre en place. Il y a beaucoup d’assos mais pas beaucoup de travail en commun, peut-être une question d’égo alors que normalement on est tous la pour la même chose, donc on devrait apprendre à travailler ensemble main dans la main !


Qui a eu l’idée de la Techno Jam organisée une fois par mois au sein de l’emporium ?
C’est un peu nous quatre qui sommes à l’initiative de ça. En fait, on voulait jouer avec une régularité et la techno jam nous permet un peu d’avoir une date « test » sans prendre trop risques à l’Emporium de jouer devant les gens, devant nos potes. Et on avait aussi envie de perfectionner le concept de live impro : on ne sait pas de base ce que l’on va jouer, on a nos machines, on sait ce qu’elles valent, du coup après on improvise sur le tas. On voulait parfaire cette idée de live impro et le patron de l’Empo a bien voulu qu’on fasse un petit event une fois par mois donc c’est cool ! C’est une initiative collective.


Arrivez-vous à vous jouer/faire connaître ailleurs ? Genre à Paris, Bruxelles, Berlin ou à Reims (mon ter-ter) où un gros noyau de la musique électronique était présent il y a quelques temps ?
Ça commence un peu, pas à l’étranger encore mais on a fait deux dates sur Paris dernièrement : on a joué au festival d’été de la Défense et dans un bar brasserie. On a joué à Strasbourg dans une soirée trance. Ce n’était pas trop notre style mais l’ambiance était cool, les gens ont accroché, on a joué devant 1000 personnes donc pour nous c’était un peu impressionnant vu que l’on n’a pas une grosse expérience de la scène. On joue pas mal dans le coin aussi et on va pas mal jouer sur Caen en 2019 mais rien n’est fait encore. Il y a aussi le fait que l’on soit très timides, on a démarché personne, on bossait dans notre coin en soum-soum pendant 1 an sur nos EPs et pour parfaire notre live, mais on commence à être bien prêts là !


Niveau femmes Dj, à part Nina Kraviz, perso je n’en connais pas des masses. Je trouve de manière générale qu’on manque de références féminines dans ce milieu musical.  En connaissez-vous qui mériteraient davantage de visibilité ?
Ouais quelques-unes ! Il y en a une qu’on affectionne particulièrement c’est Giorgia Angiuli, c’est une petite italienne qui fait du live, et elle est vraiment forte ! Elle utilise des espèces d’instruments comme des pistolets laser en plastique, des jouets qui font des sons un peu particuliers elle les sample et elle les intègre dans ses lives. C’est à voir ! Il y a aussi Nicole Moudaber, daronne de la techno aussi un peu qui fait du sale en mode kick distordus. ANNA qui est forte aussi avec son « Drum Machines Do Have Soul » qui est vraiment cool.


Avez-vous déjà pensé à rejoindre un label ? Qu’est-ce que vous nous concoctez pour l’année 2019 en termes de projet et/ou de dates ?
On n’a pas essayé de contacter de labels. On a pris contact avec les gars de Mouton Noir Records mais il faut encore qu’on bosse encore de notre côté. On kiffe bien aussi l’autoproduction parce qu’on est libre de faire ce que l’on veut et ça c’est plutôt pas mal ! On y a un peu réfléchi mais on n’a pas trop planché sur le sujet. On aimerait monter un label mais on va déjà bosser notre truc à 4 et après on verra.

Une sortie d’EP est prévue vers les grandes vacances genre en juin/juillet. On joue pour le festival Les Pluriels mi-mars. On va essayer de sortir des clips qui sont en préparation, que l’on a fait nous-même en autoproduction. On a juste deux sœurs qui s’occupent de la com et de la diff, elles sont plein d’idées et ça c’est cool, mais sinon c’est un cercle très fermé de production. On essaye de tout sortir de nos têtes et de faire avec ce qu’on a, comme un petit clip en stop motion. Mais ça prend du temps de faire ça ! On a nos vies persos, certains travaillent, d’autres sont en études, du coup c’est le facteur temps qui est toujours problématique mais bon, on ne se met pas trop la pression de fou donc ça vient quand ça vient ! Mais on essaye d’avoir du média et d’être réguliers sur les réseaux.



Le mot de la fin ?
Merci pour l’interview c’est cool ! Vive la musique et que de l’amour !

 



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