SUPA DUPA

Coucou les morpions.
Je sors de trois jours de boulot/festoche avec mes anciens collègues de Rouen pour une nouvelle édition du festival RUSH. Et c’était grave cool.
Le mois de juin s’avère mouvementé et tant mieux ! Je serais en Suisse ce week-end pour la première édition du Festivolt et la semaine qui suit je m’en vais rejoindre mes copains rémois que je n’ai pas vu depuis longtemps lors de La Magnifique Society ! Je reviens bientôt vous faire un article sur ma petite personne, vous me le demandez souvent et je vais pouvoir l’illustrer avec les petites photos que l’ami Kevin a prise de moi ! 
Malgré tout ça, je n’en oublie pas de poster mes petites merdes et je reviens aujourd’hui avec l’interview d’un groupe lyonnais qu’un petit pote à moi m’a fait découvrir  : SUPA DUPA ( Merci Hugo ! )
J’ai accroché dès la première écoute et étant nouvelle dans le ter-ter, il m’a semblé normal d’en connaître un peu plus sur eux. Du groove, de la soul, personne n’est noir mais c’est justement ce qui est kiffant. Enjoy. 

 

 

Comment vous allez les Supa Dupa ? Supa Dupa parce que vous êtes super méga géniaux ou ce blaze a une autre signification ?

Ben, écoute, ça va supa dupa bien ! Alors, pour le nom, c’est presque ça, c’est surtout parce qu’on aspire à être des supa dupa stars ! Non mais surtout, c’est une façon pour nous de placer la barre haut et de continuellement chercher à donner le meilleur de nous-mêmes et ne pas se contenter de ce que l’on fait à l’instant T.

Vous allez l’air d’être beaucoup sur scène ! Comment vous êtes-vous rencontrés et qu’est-ce qui vous a poussé à former ce groupe ?

Sans compter les ingés son et lumières, on est neuf ! Plus qu’un triangliste et une joueuse de didgeridoo et on monte une équipe de foot ! On s’est rencontré essentiellement à l’ENM, en jam ou en concert… C’est parti de l’initiative de NuTone, notre batteur et compositeur principal, qui à la base voulait collaborer avec des musiciens pour son projet solo et qui s’est rendu compte qu’il fallait faire quelque chose avec cette cohésion, qu’on avait un esprit commun, d’où l’envie de monter un groupe !

Comment ça me fait plaisir d’interviewer un groupe qui ne fait ni du rap pur et dur, ni de l’électro haha ! Vous avez tous baigné dans un style jazzy groovy funky étant petits ou c’est venu via vos affinités communes ? 

C’est un peu des deux. Tous les instrumentistes de Supa Dupa ont une formation jazz, donc il y a quand même un terrain commun à tous. Après, certains sont plus hip-hop, d’autres sont plus attirés par la soul ou la funk et au final, tous ces styles de musiques appartiennent à la même grande famille.

Pourquoi avoir choisi de délaisser la langue de Molière dans vos textes ? Pour une faciliter de s’exporter plus aisément à l’international ?

Le but n’était pas de délaisser une langue, mais plutôt de servir la musique le mieux possible et l’anglais se prête davantage à ce que l’on fait.  On est surtout beaucoup plus inspirés par la scène anglo-saxone que francophone. Après on n’exclut pas forcément de chanter ou rapper en français à l’avenir si ça s’avère être judicieux mais ça dépendra de la direction musicale qu’on prendra.

Qui fait quoi dans le groupe ? Qui écrit ? Qui compose ? Ce n’est pas trop chaud d’accorder ses violons tous ensemble ? Où répétez vous d’ailleurs en règle générale ?

Alors déjà, y a pas de violonistes dans le groupe ! Pour la faire court, NuTone compose et apporte une grande partie de la direction musicale, du son du groupe ; NotaBene écrit les textes et s’occupe davantage de la direction artistique, du propos. Chaque membre du groupe contribue à l’arrangement, surtout en ce qui concerne son instrument propre. On teste différentes choses en répétitions ou en résidence et on essaye de valider ça tous ensemble. On tombe généralement toujours d’accord à la fin ; quand quelque chose ne marche pas, ça se sent, ça se sait !

Quelles sont vos principales influences ? Sax Machine, Horndogz, ça vous parle ? Vous me faîtes penser à mes amis du groupe A.S.M (A state of Mind) qui ont arpentés les scènes en première partie de Wax Tailor ou encore de Chinese Man. OU encore un petit côté Deluxe aussi dans les parages qui ressort. Du côté ricain, je dirais des touches d’Anderson Paak mixé à Oddisee , et parsemé d’un peu de Lianne La Havas à certains moments.

Sax Machine, Horndogz, Deluxe et A.S.M. (qu’on a d’ailleurs rencontrés avec Chinese Man au Pleins Feux Festival l’été dernier) font partis de ces groupes qui nous parlent parce qu’on est à peu près dans le même segment du spectre musical, mais on ne peut pas vraiment les citer parmi nos influences. Par contre, Anderson .Paak, Oddisee c’est en plein dedans ! On peut rajouter J Dilla, Mobb Deep, Kendrick Lamar, J. Cole, Mac Miller, Robert Glasper, Lauryn Hill, Eminem, Hocus Pocus, Tom Misch, Earth Wind & Fire, la liste est énorme ! Surtout si on prend en compte les influences de chacun…

Pour ma part, dans mon Nord, il y a très peu de groupes dans votre genre. Et comment ça se passe dans la région Rhône-Alpes ? Le fait d’exercer un style assez éloigné de l’électro, style assez prédominant dans le paysage culturel lyonnais, est un avantage ou un inconvénient pour se démarquer selon vous ?

Dans notre communauté, il y a quand même pas mal de groupes de groove, que ce soit plus axé funk, soul ou hip-hop, tels que The Buttshakers, Electrophazz, Blade, Charlie & The Soap Opera, Kunta, et d’autres encore. Mais on souffre un peu tous encore de ce manque de visibilité. On sait qu’on est dans un secteur un peu niche et avoir un certain nombre de musiciens sur scène peut représenter un certain coût, mais ce secteur a un public fervent et expansif et c’est aux programmateurs (de festivals, radios, ou autres) de le réaliser.

Vous avez récemment sorti votre EP « Rise » grâce à une cagnotte KissKissbankBank. Racontez-nous un peu l’histoire de cet EP.

Alors, la cagnotte servait à financer non seulement l’EP, mais aussi l’album « Rise & Fall » (sortie prévue cet automne) qui englobe « Rise » et sa suite. On avait envie de raconter une même histoire en plusieurs épisodes, avec une approche littérale, réaliste et non édulcorée. « Rise » retrace l’histoire de deux cœurs brisés qui se rencontrent en soirée, couchent ensemble et se découvrent une affinité. Mis à part « Remains » qui situe un peu le contexte affectif de nos deux protagonistes, l’ensemble de l’EP se déroule en l’espace de 24 heures.

Manon, qu’est-ce que ça fait d’être la seule fille au milieu de tous ces hommes ? T’arrives à te faire entendre avec ta magnifique voix ? Haha

Avant tout je dirais qu’on est potes et qu’on aime faire de la musique ensemble donc je n’ai jamais eu besoin de l’ouvrir fort. Nous sommes amis, on se respecte et si on a envie de se dire les choses, on les dit, ni avec des pincettes ni avec de la colère. La question du genre ne s’est jamais posée. Je me fous pas mal de l’actualité. Je fais de la musique avec des personnes que j’apprécie et c’est le principal. Il y a aussi des hommes respectueux parfois, il faut le rappeler!

Ne ressens-tu pas une part de machisme de la part de la gente masculine quand on essaye de se faire sa place en tant que femme dans le milieu des musiques actuelles ? Quel a été ton parcours artistique avant d’arriver au sein de cette bande ?

Le machisme existe partout et dans tous les métiers. Savoir répondre quand il le faut, ça s’apprend et j’ai appris sur le tas ! Toutes les femmes sont confrontées à ça ! À nous de devenir les égales des hommes et non leurs ennemis… Mais bon c’est un long débat et je ne crois pas être assez pertinente pour en parler plus profondément. Je ne peux parler que de ma propre expérience et honnêtement je crois qu’on s’en fout. Il y a des connasses partout et des connards partout, POINT. Pour ce qui est de mon parcours, ça fait sept ans que je suis à Lyon, on s’est rencontré il y a quatre ans à peu près, c’était dans un bar où je donnais un concert.

Dans le clip « Take Off » la femme a pour une fois le « bon » rôle et prend les commandes. Racontez-nous avec qui vous avez collaboré pour produire ce petit bijou ?

Pour ce clip, on a collaboré avec un jeune et talentueux réalisateur du nom de Gabriel Bourdat et son collectif l’Anthracite. Ils sont super bien organisés et tout le long du tournage, on s’est senti très bien encadrés. Le but pour Gabriel et son équipe était de raconter une histoire indépendante de la trame narrative de « Rise » tout en restant fidèle à l’esprit de la chanson. Dans « Take-Off », Macy Lu assume pleinement ses désirs sexuels et a clairement envie de baiser (et pas seulement de faire l’amour) et le fait savoir, comme l’ont toujours fait les hommes et comme une femme devrait être en mesure de le faire à notre époque. C’est donc assez naturellement que les rôles se sont inversés pour ce clip, avec une Macy Lu en chauffeuse de taxi/Uber qui laisse libre cours à ses fantasmes et NotaBene qui est l’objet du désir.

Quel est le retour du public face à votre musique ? Avez-vous essayé de jouer dans d’autres contrées autres que dans la région ? Un petit tour aux States est prévu ?

Pour l’instant, on a quasiment que des bons retours, voire des très bons, donc ça fait plaisir, surtout lorsqu’on fait une première partie et qu’on n’est pas du tout attendu. On a essentiellement joué dans la région, mais ça nous est arrivé de jouer dans l’Aveyron ou dans le Gers. On n’a pas spécialement cherché à s’exporter, on voit en fonction de ce qu’on nous propose ; c’est clair qu’un tour aux States serait génial, mais il y a beaucoup à faire en Europe avant de se projeter aussi loin !

De qui vous entourez-vous pour booker vos dates ? Etes-vous totalement free ou avez-vous un manager/tourneur avec vous pour vous aider à évoluer ?

Jusqu’à présent, on a eu beaucoup de chance parce que la quasi-totalité des concerts qu’on a pu faire résultent d’une approche de la part d’organisateurs de festivals ou de salles de concert, et non de notre initiative. On s’est beaucoup concentré sur la création dernièrement et moins sur le démarchage mais cela va très vite changer. On a intégré le catalogue d’une boîte de booking qui s’appelle Spread The Word et avec leur concours et celui de notre manager Olivier « Fisto » Cheravola, on compte organiser une belle tournée consécutive à notre sortie d’album ! On est assez libre de manière générale, surtout en ce qui concerne l’aspect créatif et du fait qu’on soit si nombreux, avec des compétences diverses et variées, mais ça ne nous empêche pas de faire confiance aux gens qui nous entourent, que ce soit notre manager qui gère quinze mille aspects à la fois, notre éditeur Take-Off Publishing, notre graphiste et photographe Lucille Mouret ou nos producteurs La Dôze Compagnie.

En termes de soutien vis-à-vis de la ville, les SMAC et autres petites salles du coin vous accompagnent et vous aident à confectionner votre musique correctement ?

Oui, nous avons intégré le « Plan B ! » de la salle Bizarre! à Vénissieux. Nous avons un local de répétitions à disposition ainsi que des temps de travail axés sur l’aspect scènique, avec des intervenants qualifiés. Notre dernière résidence avec Philippe Prohom a été très enrichissante et nous a permis de clairifier notre propos, de mettre en scène notre musique de manière cohérente.

Avec qui rêveriez-vous de faire un featuring ?

Oulah ! La liste est longue ! Il n’y a qu’à voir la liste de nos influences ! Mais s’il fallait n’en garder qu’un seul, ça serait probablement Kendrick Lamar. C’est l’artiste hip-hop le plus avant-gardiste de notre génération et tout ce qu’il fait devient instantanément une référence. Il n’a pas peur de casser les codes et de provoquer le débat, il est à la fois actuel et intemporel !

Où est-ce que l’on peut vous retrouver prochainement ? Quelle est la suite des aventures ? Un album, tournée, en préparation ?

On peut nous retrouver le 5 juin au Ninkasi Kafé de Gerland pour la soirée de lancement du festival Woodstower, festival auquel nous participons le 2 septembre. On sera également le 7 juillet sur la scène Cybèle dans le cadre du festival Jazz à Vienne. Pour connaître toutes nos autre dates, il ne faut pas hésiter à nous suivre sur Facebook ou Instagram.

Le mot de la fin ?

#HipHopIsTheNewJazz

Crédit photo : Lucille Mouret

Facebook

Soundcloud

Instagram

 

Leave A Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.