The Unlikely Boy

Dimanche « posey dans le bendo » = Dimanche electro
J’ai un départ de migraine ophtalmique à l’heure où je vous parle. Alors je vais tenter de faire une belle intro quand même. Je viens aujourd’hui vous parler d’Elena, une femme super sympa, multi-tâche de la musique, qui fait de l’electro cosmico bien comme il faut. Et en plus elle rappe donc que demander de plus. Bretonne d’origine, cela la rend encore plus cool. Maintenant parisienne, elle arpente les plus beaux clubs pour diffuser ses bonnes ondes.
Si vous êtes encore un after, allez écouter ses sons, et laissez-vous transporter. La fête est loin d’être finie.

 

 

Comment vas-tu Elena ?

Et bien écoute, à la fois très stimulée et déjà submergée par cette rentrée, beaucoup de projets dans tous les sens, la fatigue s’accumule un peu mais le mojo est là !

 

Tu viens de Rennes et maintenant tu as posé tes valises à Paris. Raconte-nous ton parcours. Comment devient-on une artiste multi-tâches comme toi ?

J’ai d’abord été longtemps très focalisée sur la danse, les arts plastiques, la lecture et le sport en fait, la musique a toujours eu une grande place dans ma vie mais je m’y suis mise de manière plus sérieuse seulement vers 20 ans, en sortant de prépa. Je crois que j’ai simplement toujours eu une soif d’apprendre et de faire de nouvelles choses, de me lancer des défis. C’est comme ça que je me retrouvée à étudier divers instruments, styles, à me confronter au solfège, à la production, au mix, à la composition pour l’image ou le spectacle vivant, à l’organisation de soirée, au journalisme musical… Je suis mes désirs, tout simplement.

 

Tu écris, tu chantes, tu mixes, tu produits, tu joues de plein d’instruments, et on arrive à une électro-pop groovy de qualité. Pourquoi t’être orientée vers ce style ? Avec toutes les cordes à ton arc, tu aurais pu monter tous les projets musicaux du monde haha

Ça a toujours été très compliqué pour moi de me fixer dans une esthétique, précisément parce que j’aime le côté ‘exercice de style’, la technique, me tester sur de nouveaux terrains tout le temps. Dans mes pratiques de groupes ou solo je suis passée par le rock, la pop, le hard rock, le jazz, l’électronique… En ce moment j’aime écouter et produire de l’urban pop – ça me rappelle mes obsessions musicales de collège/lycée, une époque qui reste souvent un moment fort de notre construction identitaire – et mixer de la techno avec mon duo Vödkabanane, mais demain peut-être un revirement métal ou dancehall, qui sait.

 

Tu rappes également et ça, ça me fait plaisir de voir de plus en plus de femmes franchir le pas dans le monde du rap ! Personne ne cherche à te mettre de bâtons dans les roues ?

Je ne sais pas si on peut vraiment appeler ça du rap, pour moi c’est plus de la pop urbaine, même si j’aspire aussi à faire de nouveaux morceaux plus rappés. Comme toi je suis heureuse de voir que les femmes se font peu à peu une petite place dans cette sphère traditionnellement très masculine. Pour ma part pas spécialement de bâtons dans les roues non, au contraire je crois.

Tu as sorti récemment ton EP « Digital Spleen ». Est-ce la continuité de tes EP « Expectations » et « Gold & Roses » qui abordaient les thèmes de la confiance en soi ?

Je n’ai pas spécialement cherché à créer une continuité ni thématique ni stylistique entre ces trois Eps, mais malgré les virages de styles je pense que certains éléments me collent à la peau. Un espèce de truc un peu cheesy, un peu tuning, un peu mélancolique aussi, une sensibilité particulière quelque part au croisement du spleen et de la fureur de vivre. Feu glace dans les étoiles saturées.

 

Tes textes reflètent une certaine mélancolie de la routine à laquelle beaucoup de gens font face je trouve.  Est-ce ce dont tu as voulu parler ? Est-ce le ressenti que tu as sur la société d’aujourd’hui ?

Je crois que je suis très obsédée par cette idée de flamme qui brûle en chacun de nous, or cette époque me laisse perplexe car elle semble à la fois animer de grandes passions comme réduire nos cerveaux en vulgaire pâte à modeler et nos vies en mascarades absurdes. Je suis fascinée par toute la créativité comme l’aliénation que génère cette nouvelle ère numérique.

 

Qu’est-ce qui fait selon toi que la jeunesse d’aujourd’hui semble aussi perdue ?

C’est une génération charnière, post-crise, post-idéologies, née dans les bouleversements historiques liés à la remise en question de multiples systèmes de valeurs et à l’émergence d’internet et des moyens de télécommunication, dans un monde grandement menacé par les problématiques humanitaires et écologiques également.

 

Comment ça se passe une journée de taff avec toi ? T’entoures-tu d’ingé sons ou autre pour t’aider à composer ou préfères-tu te débrouiller solo ?

J’ai une grande tendance au travail solitaire et à la geeklife de manière générale, par contre j’aime beaucoup collaborer avec d’autres gens sur un titre ou un projet précis. Généralement je travaille chez moi, dans mon petit appart-home-studio de 12m2 à Château Rouge, entre mon Mac, mes enceintes, mes claviers, ma guitare, ma basse, mes pads, mes platines, trop de câbles, du thé et des gâteaux.

Quelles sont tes sources d’inspirations ? J’ai vu que tu aimais l’artiste Fishbach (Sisi Flora) que j’affectionne particulièrement. Avec quel(le) artiste kifferais-tu avoir un featuring ?

Je suis énormément l’actualité musicale, surtout française, que ce soit en pop, rap, électronique, house, techno… J’aime savoir ce qui se passe dans mon époque, ma génération, comprendre vers où tendent à s’orienter les choses, comment et pourquoi. Je pense que ma principale source d’inspiration c’est avant tout la synergie qui m’entoure socialement et artistiquement ici à Paris.

Un featuring rêvé… hmm… des gens qui gravitent pas trop loin de moi plutôt que des grandes stars je dirais. Hyacinthe, Sandra Nicolle de Distractions, Pauline R2B, Chaton… la nouvelle génération de la pop urbaine française. Fishbach aussi bien sûr pourquoi pas, j’aime beaucoup son univers, son écriture et le personnage.

 

Tu peaufines un certain style, vestimentairement parlant, et j’ai lu que tu aimerais à l’avenir faire des sons dans le milieu de la mode. Monde dans lequel les femmes ont un peu plus de poids. Qu’est-ce tu aimerais apporter à cet univers via tes chansons ?

Je collabore déjà depuis quelques années sporadiquement avec des gens de la mode, et j’espère avoir l’opportunité de continuer à développer ça. Je crois que la mode en a marre des mannequins porte-manteaux et cherche de plus en plus des égéries qui incarnent des visions artistiques, des combats idéologiques, des valeurs particulières. Je pense qu’il y a plein de choses à développer en ce moment dans les relations entre ces deux sphères, et j’espère pouvoir y contribuer intelligemment d’une manière ou d’une autre.

 

Je trouve qu’aujourd’hui, ce que l’on demande aux femmes dans la musique s’apparente à un «  Sois belle/bonne et chante juste (et encore) ». Qu’en penses-tu ? Est-ce que le choix de ton nom d’artiste s’est fait par rapport à ça ?

Certes le marketing musical autour des femmes reste lié à une vision traditionnelle d’objet de désir, mais je pense que les choses sont vraiment en train de changer. Le public s’attache de plus en plus à des personnages, à des discours novateurs, et cherche à se projeter dans les combats esthétiques, politiques ou sociaux des artistes qu’il soutient.

Quant à mon nom de scène il résume simplement le malaise dans lequel j’ai grandi, à me sentir toujours à côté des cases, inclassable, comme un ovni qui dérange, sans genre ni appartenance sociale ou esthétique claire.

 

As-tu rejoins un label ou es-tu totalement indépendante ? Tu démarches les festivals et/ou salles de concert comme une grande ?

Non je suis toujours totalement indépendante. Je ne dirais pas que c’est simple tous les jours, mais je suis très attachée à mon autonomie, et je trouve que ce qu’on conquiert de ses propres forces à une saveur inégalable.

 

Peut-on te retrouver facilement dans Paris lors de Dj Set ?

Oui, voici les prochaines dates en solo et duo :

21.09 La Station, PARIS (djset @vodkabanane)

05.10 La Mutinerie, PARIS (djset)

17.10 Yvette, GIF-SUR-YVETTE, 91 (dj set)

24.11 L’International, PARIS (live & djset @vodkabanane)

08.12 Ground Control, PARIS (dj set)

08.02 Le Klub, PARIS (djset @vodkabanane)


Qu’est ce que t’écoutes dans ton Ipod en ce moment ?

Je n’ai pas d’Ipod mais sur mon portable ou dans mon appart la coloration est pas mal pop urbaine française ces temps-ci… des incontournables comme PNL, Booba ou Columbine, mais aussi beaucoup d’artistes plus underground comme Hyacinthe, Stensy, Chaton, Safia BahmedSchwartz, Timothée Joly, Distractions, Shelmi

Sinon de la house et de la techno pour mes dj sets, et toujours pas mal de pop et de synthwave. J’attends avec impatience plusieurs 1ers albums cette année, notamment ceux de Pauline R2B, Léonie Pernet, Sônge, Hyacinthe, Claude Violante ou encore Colorado.

Je poste souvent des playlists et des mixtapes, ça permet de suivre le fil de mes découvertes et obsessions du moment 😉

 

Un album en préparation ? Des dates de concerts à venir ?

Oh non l’album pas pour tout de suite ! Je croule sous les projets divers cette année, puis je ne pense pas que le moment soit opportun. Par contre je vais essayer de sortir un nouveau single tous les deux mois environ, et des clips j’espère.

 

Un petit mot pour la fin ?

Keep calm, listen to good music & spread the love !



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