WE HATE YOU PLEASE DIE

6 décembre 2017

Malgré toutes mes péripéties, je pense toujours et très fort à Rouen. Et quand j’en suis partie, le petit pote Raphaël était en pleine formation d’un groupe de musique. Du coup, malgré la distance,  il m’a semblé logique de vouloir écrire sur eux car rien qu’avec les stories instagram de Chloé, cela donnait envie d’être vu et surtout écouté. En plus, vu qu’ils sont sympas, bah ils ont bien voulu répondre à mes questions de gogole. Pour le plus grand bonheur de tout le monde, et surtout du mien. ♥

1) Salut les copains, alors est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Mathilde à la batterie, Chloé à la basse, Joseph à la guitare et Raphaël au chant et seconde guitare. Moyenne d’âge 24 ans (ça arrange certains), tous ceinture noire Aikido.

 

2) Pourquoi avoir choisi ce nom de scène ? En référence au groupe « Crash and The Boys » et la musique qui l’accompagne ? Personnellement je suis archi fan.

Raphaël: Scott Pilgrim Vs The world ! C’est exactement ça, t’as ce groupe fictif dans le film (dans la bande dessinée aussi en fait) Crash and the boys. Le groupe se prend le bec avec un mec dans le public pendant un concert et lui dédicace une chanson en direct « we hate you please die » . Bon, c’est un peu plus drôle à voir qu’à raconter mais on aimait bien l’idée un peu parodique de musiciens torturés. C’est vrai que sans la référence le nom fait assez bourrin quelque part, et ça contraste un peu quand on voit nos tronches…

3) Cela a été une surprise pour moi de voir que vous, Raph et Chloé, étiez de base des musiciens. Je vous ai connu avec vos différentes activités (collectif « La Cachette » pour Raph, et « Creamy Veggie » pour Chloé) mais racontez moi la formation de ce groupe ? (Car je ne connais pas les deux autres ^^)

Raphaël: Au départ, le groupe était pensé un peu comme un duo avec Chloé, ça avait un peu des cotés Atari Teenage Riot. Après on a repensé le truc, un peu plus garage débraillé, on a fait un premier titre « Kill your Buddy », les retours des potes étaient cool mais ce n’est pas vraiment un truc qui se joue à deux, surtout en live. Du coup, on a cherché pendant pas mal de temps qui pourrait rentrer dans le projet. Un jour où j’étais chez moi, j’ai entendu un gros son de guitare qui venait de dehors. C‘était Joseph, mon voisin depuis 3 mois. Du coup en 2-3 bières c’était réglé. On est passé de 3 titres à environ une quinzaine en quelques mois. Plus tard, il nous a présenté Mathilde à la batterie et le truc a bien pris tous les quatre.

 

4) Qu’est-ce que vous écoutez principalement ? Quelles sont vos influences musicales ? Ont-elles forcément un lien avec la musique que vous produisez aujourd’hui ?

Raphaël: Bon à quatre, on brasse pas mal d’influences différentes. Après, on se retrouve pas mal dans le garage et sur ce que John Dwyer a pu toucher de près ou de loin (Thee Oh Sees, Ty Segall ,Meatbodies, Fuzz…). La scène grunge de Seattle aussi a pas mal alimenté l’imaginaire, tout comme ce qui s’est fait en stoner, autour des Deserts Sessions. Mais ce qui a plus ou moins amorcé le bazar, c’est la track « Millionaire » de QOTSA. T’as ce coté lover-crooner immédiatement contrasté par Nick Oliveri qui braille. Du coup dans les grandes lignes c’est un peu ça, mélanger les tonalités et les énergies de divers styles.

 

5) Je trouve que votre registre change de ce que l’on a l’habitude d’entendre sur Rouen, même si celui-ci s’y rapproche un peu quand même. Comment le définiriez-vous ? Un style musical punk rock version garage californien ? Avec une touche de pop-indie ?

Raphaël: Du garage-punk c’est cool, même du rock. En fait normaliser un style c’est chiant, et ça amène à des débats de comptoirs bien nuls entre aficionados de musiques, et du coup t’es obligé de reprendre une bière en attendant que ça passe. On a essayé de piquer pas mal à l’énergie punk et d’y caler un peu de gimmicks pop-isant. Pour ce qui est du registre Rouennais, on s’en rapproche et on s’en influence pas mal je pense, ça nourrit pas mal le truc de les voir au fil des années, genre Grand Guru, Carton, MNNQNS, Greyfell, Servo… bah ça te met une bonne claque dans la gueule et ça te motive. En ce moment, on se met pas mal sur les Baked Beans et Impossibe.

 

6) Sur quoi se concentrent principalement les sujets de vos textes ? De politique, d’amour, et d’espoir ? Tels des hippies new-wave en révolution ? 

Raphaël: On partait du constat que tout le monde se fout un peu des paroles dans le garage. Du coup on chante n’importe quoi et parfois on improvise. L’idée c’est de rechercher le plus d’énergie possible, du coup pas trop le temps de chanter ses cicatrices ou des odes à Satan. Après, on distille quelques idées féministes ou véganistes par-ci par là, mais très vite on repart en vrille totale. On a des tracks qui parle de kung-fu, du chat de Joseph et d’alcool, mais ça suffit pour faire notre révolution interne. On est plus proches des Charlots que Rage Against the Machine pour l’instant, même si on en pense pas moins.

 

7) En termes de composition, dites-moi comment tout ça se déroule ? Qui fait quoi ? Et dans quelles conditions ?

Raphaël: J’avais déjà quelques maquettes au tout début du groupe, puis Joseph a retravaillé certains morceaux et en a composé plein d’autres. Après le fait qu’on soit voisins c’est plutôt cool, quand Joseph ramène une track, on se fait une écoute, assez vite je vais coller quelques « paroles ». Après, on propose aux autres pour revoir le truc ensemble, que ça nous convienne tous. On essaie pas mal de choses, et sur plus en plus de chansons, ensuite Chloé et Mathilde prennent le micro, et c’est plutôt cool ! ça offre une nouvelle approche dans le groupe et on peux lorgner un peu sur les influences Riot Grrrl.

Joseph: En général, j’écoute de la musique toute la matinée, et en fonction de ce que c’était, le midi ça fermente un peu dans la tête et l’aprem j’enregistre deux trois idées, je les met bout à bout, et le soir j’envoie ça aux autres pour partager le truc, voir ce qu’on en fait. Du coup, pas de sieste ces jours là, sinon c’est mort !

 

8) Il y a beaucoup de moyens à Rouen je trouve pour aider de jeunes groupes à se développer. Avez-vous pensé à une éventualité de parrainage par le biais du 106 ou encore du Kalif par exemple ?

Raphaël: Si on y a pensé, on l’a même tenté pour le 106. Après même si on l’a pas eu, les gars des studios sont toujours là pour nous filer des conseils et des coups de pouces, c’est bien cool. Pareil, les potes musiciens sur Rouen sont jamais loin pour filer un coup de main. Le groupe a même pas sept mois sous sa nouvelle forme, on va prendre le temps d’affuter tout ça.

 

9) Comment préparez-vous vos prochains concerts ? Êtes-vous un peu stressés de faire vos premières scènes ? 

Raphaël: On répète et on matte la chaine parlementaire pour se détendre. Mais oui un peu de stress c’est normal je pense ! Déjà, plus une date approche, plus tu te demandes « ouah mais pourquoi on fait ça? » C’est étrange quand même de vouloir se dévoiler à des gens pendant 40 minutes, face à face. Une fois mis à plat, tu réalises qu’il y a pas mal de catharsis en fait dans cette idée. C’est un peu l’occasion de lâcher l’énergie et la fureur que t’as dans le bide, et si les gens y réagissent et se l’approprient, c’est encore mieux.

 

10) Un EP/album en préparation ?

Raphaël: On prépare un album avec l’aide d’Adrian de MNNQNS, on hésite à l’appeler « Greatest Hits Volume II » ou « DSMIV :The musical ». Mais je penses que selon la sélection on sera entre 12 et 15 tracks. 

Joseph : Moi j’aimerai bien enregistrer quelques chansons avec les moyens du bord et qu’on fasse le montage ensemble pour essayer. On aurait sans doute plein de choses à apprendre, même si ça peut être un gros bordel. C’est encore en réflexion.

 

11) Que peut-on vous souhaiter pour l’année 2018 à venir ? 

Raphaël: Que la Chaîne Parlementaire ne devienne pas payante.

Joseph: Mais la santé surtout !

 

 

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